Hassan

On vivait près d’Alep, en Syrie. J’étais à l’école primaire. Puis les écoles ont fermé à cause des bombardements. Alors mon père a décidé de partir. La Turquie c’était le plus près. On est partis s’installer pas très loin de la frontière. J’avais neuf ans. On a rencontré un fermier qui a proposé qu’on travaille pour lui, il nous logerait, nous nourrirait et nous paierait à la fin de l’année. Mais à la fin il a refusé de nous payer. On a pris un crédit pour louer un appartement. Mon père est devenu livreur. Ma soeur et moi, on a travaillé dans une usine de vêtements.

Gina

Notre situation à Kinshasa était très difficile. J’ai réfléchi longtemps et puis j’ai décidé de partir. Je suis passée par la Turquie, où je suis restée un an, puis par la Grèce, au camp de réfugiés de Moria où, sur les 70 euros qu’on recevait par mois, j’ai économisé pour payer le billet pour Bruxelles.

Je suis arrivée à Charleroi avec deux euros. Un employé de l’aéroport qui parlait lingala m’a demandé si j’avais de la famille ici. J’ai dit que non, alors il m’a conduite à la gare du Midi. J’ai dormi dans la gare pendant quatre jours,

Lahcene

Après mon divorce, j’étais très perturbé, je ne pensais qu’à partir d’Algérie. Le destin m’a emmené en Belgique. Je suis arrivé en avion en Espagne et puis en Belgique en camion, c’était il y a dix ans. J’ai travaillé sur des chantiers, je dormais sur le chantier ou dans des immeubles abandonnés, on prenait chacun une chambre. Il y avait surtout des Marocains et des Africains, peu d’Algériens. On cherchait à s’en sortir, tout simplement. A un moment donné, j’ai eu comme une grippe. Je pensais que ça allait partir. Au bout de six mois j’ai fait un malaise.

Mariana

Je suis roumaine. Ma mère est morte quand j’avais 13 ans. Mon père s’est remarié et il n’a plus fait attention à mon frère et moi. Je voulais entrer à l’armée, mais il n’a pas voulu. J’ai étudié pour devenir comptable. Là, j’ai connu mon premier mari, il était Zaïrois et étudiait l’agriculture. On est partis au Zaïre en 1982. J’ai trouvé du travail dans une usine textile belge où j’étais chef de service. Mais je ne m’attendais pas à devoir prendre en charge les vingt-sept personnes de la famille qui vivaient sur notre parcelle, et pendant ce temps-là mon mari avait d’autres femmes.

17 ans
32 ans
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